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a montée de l'absolutisme au 13ième siécle va porter un rude
coup à
l'homosexualité. Les plus réactionnaires de l'église trouve dans le climat agité
du moment un prétexte idéal pour relancer la lutte contre les gays. On est alors
en pleine croisade, on cherche des coupables, des ennemis facilement
identifiables et les gens se tournent de plus en plus vers l'église. Partout en Europe
des lois sévéres vont alors condamner fermement les responsables de ce que l'on
appelle alors des "crimes contre la nature".

Saint-Thomas d'Aquin (1225-1274), théologien de renom, jouera un grand rôle dans le retour de la
répression contre les homosexuels et dans la position homophobe de l'église
catholique.
Peu à peu, on rapproche les notions d'homosexualité et d'hérésie notamment
parceque le plus souvent les homosexuels faisaient parties de groupes en
rébellion contre l'église. A ce titre, les homosexuels sont condamnés à la peine
capitale.
D'un pays à l'autre, les modalités d'exécution varient: en Espagne,
celui qui est déclaré coupable de "péché contre nature" est castré
et lapidé; en France, on préfére le bucher, en Angleterre, on les enterre vivant....
La
répression des homosexuels est sévére mais elle n'est pas exceptionnelle
à cette époque et sil sont loin d'être les seuls victimes de cette
intolérance: les juifs et les prêteurs sur gage sont eux aussi sanctionnés.
La
Réalité des chiffres
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L'église part aussi en guerre contre l'homosexualité dans ses propres rangs. Elle met tout en place pour empêcher toute tentative homosexuelle chez les moines. C'est pour celà, par exemple, qu'elle généralise les dortoirs de 10 personnes placées sous la surveillance d'un ancien dans les monastères, ce qui empêche tout rapprochement nocturne. Et on n'hésite pas à se servir de l'homosexualité pour discréditer ses opposants. Ainsi, le roi Philippe Lebel en conflit avec le pape Boniface VIII désireux de réaffirmer son pouvoir, l'accusera d'être sodomite.
La situation générale de la société donne lieu à de terribles débordements: Edward II, roi d'Angleterre dont l'attirance pour les hommes est de notoriété publique est déchu et empalé par le rectum selon certaines rumeurs; les chevaliers de l'ordre des templiers sont massacrés au motif, entre autres, d'être des sodomites...
La
Renaissance: l'homosexualité renaît à travers l'Art
La Renaissance va permettre de relacher très légérement la pression
sur les homosexuels notamment grace à la redécouverte des chefs d'oeuvres
de l'antiquité. Si les textes se montrent toujours aussi fermes (malgré
la tentative de certains juristes pour dépénaliser ces faits), en
pratique un certain libéralisme réapparait. Les homosexuels
trouveront à travers l'art un moyen de s'exprimer. Pendant
toute cette période, les tableaux présentant des hommes nus se multiplient.

Michel ange glorifiera à travers la plupart de ses oeuvres la
beauté du corps masculin. Malgré tout, une certaine censure veille
et les sonnets qu'il écrira pour l'homme dont il était amoureux
verront le pronom "il" remplacé par "elle" et
ce n'est qu'en 1863 que tout reviendra en ordre.
Il est important
de noter que cette bienveillance concernait surtout des artistes placés
sous la protection de riches et puissants mécénes, et non pas l'homosexuel
lambda.
C'est durant cette période qu'on découvre aussi les pratiques homosexuelles dans le Nouveau Monde à travers les Aztéques adeptes du travestisme.
La réforme protestante de Martin Luther au XIième siécle ne viendra pas en aide aux homosexuels bien au contraire, elle se servira bien souvent de l'homosexualité pour discréditer l'église catholique, notamment du fait du célibat des prétres.
De nouvelles lois sont adoptées pour réprimer l'homosexualité: Charles Quint, Empereur du Saint Empire romain-germanique, fait adopter un code pénal qui punit du bucher tout acte de luxure entre deux hommes, ou deux femmes (1532). Petit à petit, l'homosexualité, de péché religieux devient péché contre l'Etat. Malgré celà, dans certains pays, une certaine tolérance continue de s'étendre. La rivalité entre les deux églises (catholique et protestante) occupant la majorité des débats, on ressent moins le besoin de trouver un adversaire en la personne des gays. C'est d'autant plus vrai en France sous le régne d'Henri III (1574-1589). Il est de notoriété publique que ce roi aime la compagnie de ses "mignons", ce qui conduit le poète Pierre de Ronssard à écrire des vers pour se moquer de ce penchant homosexuel du souverain.
"Le roi ne m'aime point, pour être trop
barbu,
il aime à semencer le champ qui n'est herbu,
et, comme un vrai
castor, chevaucher le derrière"
Mais encore une fois, cette tolérance est uniquement présente dans les milieux aisés de la société et uniquement si on respecte les rôles dominant/dominé.
Les Lumières.
Le siècle des Lumières va apporter un regard nouveau sur l'homosexualité. Pour une des toutes premières fois, l'homosexualité fait l'objet d'un débat et non plus d'une condamnation pure et ferme. L'amour philosophique devient un des principaux thémes de la philosophie de l'époque
Malheureusement, les penseurs de l'époque n'arriveront pas à
se mettre d'accord et auront tous une position différente les uns
des autres.

Dans "Essai sur la pédérastie", le philosophe anglais
Jérémy Bentham s'interroge sur la sévérité des peine sinfligées
aux homosexuels. A l'issue de son étude, il ne trouve aucune raison
qui puisse expliquer cet état de fait (1).
Selon lui, l'homosexualité
ne produit aucun préjudice à personne. Il va même jusqu'à affirmer
que tous les personnages de l'antiquité ont eu, à un moment
ou un autre, un certain penchant homosexuel.
Dans son ouvrage "Des délits et des peines" qui jouera un rôle fondamental dans le droit pénal européen dans la mesure où il synthétise les différentes attentes des juristes de l'époque , Cesaria Beccaria s'interroge sur la proportionnalité des peines et donc sur leur utilité. Il pense notamment qu'il faut décriminaliser l'homosexualité.
Rousseau, quant à lui, est beaucoup moins favorable à l'homosexualité. dans le livre II des "Confessions", il démontre même un dégoût certain pour les homosexuels . Il est vrai qu'il y décrit sa mésaventures avec le faux Maure qui essaya d'abuser de lui. Toujours est il que de cet événement, Rousseau en tire une généralité sur les gays. Et si on peut comprendre qu'il n'ait pas apprécié de se faire "harcelé" de la sorte, on peut regretter qu'un tel philosophe se laisse aller à une telle animosité à l'égard de ces hommes qui ont un "goût dépravé qui outrage la nature". En dehors de l'hétérosexualité, point de salut aux yeux de Rousseau.
En dehors de ces débats philosophiques, l'homosexualité va gagner du terrain dans les villes.
En Angleterre, apparaissent les Molly House, ancétre des bar gay souvent tenus par un homme déguisée en femme. A Paris, les sodomites investissent plusieurs lieux de la capitale notamment le jardin des Tuileries.